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Conditions d'incarcération

Ces informations sont issues des rapports d'enquêtes menées en 2013 (prisons de Kenitra, Meknès et Oujda) et 2014 (prison de Kenitra), menées par le Réseau des avocats et avocates contre la peine de mort (RACPM), la Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM) et l'Organisation marocaine des droits de l'homme (OMDH).

 

Des conditions de vie insalubres

Les condamnés à mort sont détenus dans des cellules individuelles se ressemblant toutes. Elles consistent en un endroit d'une taille moyenne de 6m², avec un coin où dormir avec un matelas posé à même le sol et à peine plus loin des toilettes ouvertes constituées d'un simple trou. En l'absence de réfectoire, les détenus prennent leur repas dans leur cellule.

Dans des prisons mal construites et en décrépitude, qui s'apparentent à un "cimetière des vivants", celles-ci fait naître un sentiment d'abandon et de dépression, particulièrement pour les condamnés à mort atteints de maladies mentales.

 

Un isolement complet

Les cellules des condamnés à mort se situent dans une aile isolée du bâtiment, rendue particulière par ses conditions d'accès (plusieurs portes), son silence ou même son odeur. S'ajoutent à cela des mesures particulières de contrôle et de surveillance, et la rareté voire l'absence totale de de visites.

En effet, même si le droit de visite est le même pour tous les prisonniers, les condamnés à mort en reçoivent beaucoup moins que les autres détenus, la plupart du temps en raison du crime qu'ils ont commis, de l'absence de famille ou de la pauvreté de leur proches qui les empêchent de se déplacer. Les prisons encouragent peu les mesures visant à instaurer des visites de l'extérieur, comme par exemple les visiteurs pénitentiaires issus de la société civile.

De plus, le quartier des condamnés à mort ne comprend pas de lieu isolé pour les familles, pourtant prévu par la loi. Ceci empêche la vie de famille et les relations conjugales, renforçant la régression du sentiment d'appartenance à la famille et surtout à la société, déjà à l'œuvre du fait de leur statut et de leur isolement.

Enfin, bien que les activités sportives jouent un rôle primordial dans la vie des prisonniers, pour la conservation de leur santé physique et psychologique, aucune salle de sport n'est accessible aux condamnés à mort, pour des raisons de sécurité.

 

Il est à noter que le personnel pénitentiaire est plutôt favorable à la fin de l'isolement des condamnés à mort, à des fins d'amélioration de la situation sociale de l'ensemble de l'établissement et d'amélioration des conditions de vie des détenus, tout en émettant quelques réserves face aux possibles difficultés d'intégration de ces derniers, notamment du fait d'une culture carcérale qui considère les condamnés à mort comme dangereux.

 

Un cadre médical insuffisant

Les prisons disposent d'effectifs médicaux trop restreints, notamment par rapport au nombre de détenus (un psychologue, une psychiatre, un dentiste, deux généralistes et douze infirmiers pour deux mille détenus à la prison centrale de Kenitra). De plus, les soins disponibles ne sont pas adaptés, du fait de l'absence de spécialités médicales, de traitements appropriés pour les pathologies liées aux conséquences de la condamnation à mort et des conditions de vie dans le couloir de la mort, ainsi que de la pénurie de médicaments et de traitements d'urgence. Cette insuffisance se ressent surtout dans l'absence de moyens pour le suivi psychiatrique, pédagogique et social des condamnés à mort, la dégradation de la santé mentale étant la principale pathologie dont souffrent les condamnés à mort.

 

Des violences omniprésentes

Les violences, physiques et morales, font partie du quotidien des condamnés à mort. Certains détenus, du fait de leur incarcération, développent une forte agressivité et de la violence. Celle-ci se manifeste le plus souvent par des insultes, des menaces, de la diffamation ou encore des gestes violents. Elle est cependant souvent considérée comme ordinaire par les condamnés, compte-tenu de la violence déjà intrinsèque à leur peine et à leurs conditions de vie.

Du côté de la violence de la part des agents pénitentiaires, la plupart des détenus considèrent leur traitement comme correct. Cependant, certains ont fait part, sans parler de "violences", de mauvais traitements  venant de leurs gardiens, consistant principalement en de la pression morale, notamment pour imposer un rapport de force et d'autorité sur les détenus.


 
 
 
 
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